Un chien adulte dort en moyenne entre douze et quatorze heures par tranche de vingt-quatre. Le chiffre surprend, jusqu'à ce qu'on comprenne que ce sommeil ne ressemble pas du tout au nôtre.
À retenir
- Adulte : environ 12 à 14 heures sur 24. Chiot et chien âgé : nettement plus.
- Le sommeil du chien est fragmenté en épisodes courts, entrecoupés de réveils brefs.
- Il se cale sur le rythme du foyer et récupère surtout quand la maison est calme.
- Un changement net et durable de la durée de sommeil se signale au vétérinaire.
Les repères par âge et par gabarit
| Profil | Sommeil sur 24 h |
|---|---|
| Chiot | 18 à 20 heures |
| Chien adulte | 12 à 14 heures |
| Chien âgé | Souvent 16 heures et plus |
| Grande race adulte | Vers le haut de la fourchette |
Ces chiffres sont des moyennes, pas des normes. Un chien de travail très sollicité, un chien de famille qui reste seul la journée et un chien de dix ans n'ont aucune raison d'afficher le même total. Ce qui compte vraiment, c'est ce que fait votre chien d'habitude, et si cela change.
Un sommeil fragmenté, pas une longue nuit
Nous dormons d'un bloc. Le chien, non. Il s'endort vite, dort par épisodes relativement courts, se réveille brièvement, se rendort. Cette alternance se répète toute la journée et une bonne partie de la nuit.
C'est le fonctionnement d'un animal qui a longtemps eu intérêt à pouvoir être debout en une seconde. Cela explique pourquoi un chien peut passer de l'endormissement profond à la porte d'entrée en un instant, et pourquoi il a besoin d'un total quotidien beaucoup plus élevé que le nôtre pour obtenir autant de repos réel.
La part de sommeil paradoxal, la phase des rêves, est plus faible chez le chien que chez l'humain. C'est pendant celle-ci que vous le voyez agiter les pattes, couiner ou remuer les babines. Ces mouvements sont normaux et il ne faut pas le réveiller : un chien tiré brutalement du sommeil profond peut avoir une réaction de sursaut, morsure comprise.
Le sommeil n'est pas du temps perdu. Des travaux menés sur l'apprentissage chez le chien montrent qu'une période de sommeil après une séance d'entraînement améliore ce qui en est retenu. Autrement dit, la sieste qui suit une séance d'éducation fait partie de la séance.
Le chien se cale sur vous
Un chien dort surtout quand il n'a rien de mieux à faire, c'est-à-dire quand la maison est vide ou calme. C'est pour cela qu'un chien qui vous paraît dormir peu se rattrape largement pendant votre journée de travail.
Cela a une conséquence pratique : ce n'est pas la nuit qu'il faut protéger, c'est la journée. Un couchage installé dans un couloir, à côté de la porte d'entrée ou dans le passage de la cuisine condamne le chien à des dizaines de micro-réveils dont vous ne saurez jamais rien.
Où placer le couchage
- Dans une pièce de vie, mais hors du passage. Le chien veut voir ce qui se passe sans être bousculé. Un angle de salon plutôt que le milieu du couloir.
- Un mur derrière, ou au moins un côté. Un appui dans le dos rassure et évite les réveils par surprise.
- Loin des courants d'air et du plein soleil. Une place agréable le matin peut devenir insupportable à quinze heures.
- À l'écart des bruits mécaniques. Machine à laver, lave-vaisselle, chaudière.
- Deux places valent mieux qu'une. Beaucoup de chiens apprécient un couchage principal dans la pièce de vie et un second point de repli plus au calme.
Si votre chien boude l'endroit que vous avez choisi, l'emplacement est la première piste à explorer, avant la taille et avant la matière. Le sujet est détaillé dans l'article sur le chien qui ne dort pas dans son panier.
Quand la durée de sommeil devient un signal
Ce n'est pas le total qui alerte, c'est le changement. Parlez-en à votre vétérinaire si vous observez, de façon installée :
- une augmentation nette du sommeil accompagnée d'apathie, d'une perte d'appétit ou d'une prise de poids ;
- un chien qui dort beaucoup moins, tourne, ne trouve pas de position, se relève sans cesse la nuit ;
- des ronflements nouveaux, une respiration bruyante ou des pauses respiratoires pendant le sommeil ;
- chez un chien âgé, des nuits agitées, de la désorientation ou des vocalises nocturnes, qui peuvent évoquer un trouble cognitif lié à l'âge ;
- des changements de position de couchage, qui trahissent souvent une gêne articulaire avant toute boiterie. Voir les premiers signes d'arthrose.
Questions fréquentes
Mon chien dort toute la journée, est-ce anormal ?
Pas en soi. Un chien adulte peu sollicité peut dormir quatorze heures sans que cela pose problème. Ce qui doit attirer l'attention, c'est un chien qui ne se lève plus pour les choses qui l'intéressaient, ou qui refuse une sortie.
Faut-il laisser le chien dormir dans la chambre ?
C'est une question de préférence familiale, pas de règle. Certains chiens dorment mieux près de leurs humains, d'autres cherchent le frais et le calme ailleurs. La seule chose à éviter est de changer d'avis toutes les semaines.
Mon chiot se réveille la nuit, combien de temps cela dure-t-il ?
Un chiot a un sommeil très morcelé et une vessie de petite contenance. Les nuits se structurent progressivement sur les premiers mois. Les levers nocturnes doivent rester silencieux et ennuyeux, sinon ils deviennent un rendez-vous.
Mon chien rêve-t-il vraiment ?
Son cerveau présente pendant le sommeil une activité comparable à celle qu'on associe aux rêves chez l'humain, et les mouvements observés vont dans ce sens. Ce que le chien rêve, en revanche, personne ne peut le dire.
Pour aller plus loin. La position dans laquelle votre chien dort en dit long sur ce dont il a besoin : lisez les positions de sommeil et ce qu'elles indiquent. Pour la taille du couchage, tout est dans la méthode de mesure, ou directement dans le guide des tailles.